Idées politiques

Par « idées politiques », nous désignerons les idées relatives à l’Etat. Wolfgang Reinhard, dans son ouvrage intitulé Histoire du pouvoir d’État (Geschichte der Staatsgewalt. Eine vergleichende Verfassungsgeschichte Europas von den Anfängen bis zur Gegenwart, München, C. H. Beck, 2000, p. 18.) fait cette observation, évidente et pourtant surprenante, c’est-à-dire à laquelle on n’oserait pas songer spontanément, selon laquelle « personne n’a jamais vu l’‘État’». En d’autres termes, l’État n’est pas un phénomène, un objet d’expérience sensible. Comme le souligne cet auteur, ce qui est l’objet de l’expérience sensible, ce sont des organes de l’État, comme lorsque nous assistons, par l’intermédiaire des médias de communication, aux débats de l’Assemblée nationale. L’État n’existe donc pas en tant qu’objet sensible, comme objet d’expérience. L’Etat n’est pas un objet d’observation empirique, il n’existe qu’à travers des concepts, des idées. C’est ainsi à la sémantique de l’Etat et non à sa réalité que nous nous intéresserons.
Résumé, notamment à l’intention d’étudiants qui ne pourraient suivre le cours

Questions en vue de l’examen (exposé : 10 minutes)

1. La notion de politique.
2. La théorie du gouvernement.
3. L’héritage politique antique et médiéval.
4. Les formes (régimes) politiques.
5. La notion de monarchie.
6. La notion de démocratie.
7. L’idée de régime autoritaire.
8. La notion de dictature.
9. Le concept d’Etat.
10. La notion de souveraineté.
11. Sens juridique du concept d’Etat.
12. La théorie absolutiste de l’Etat.
13. La théorie libérale de l’Etat.
14. La notion de constitution.
15. Le concept juridique de constitution.
Les développements du cours sont issus de : H. Rabault, L’Etat entre théologie et technologie. Origine, sens et fonction du concept d’Etat, L’harmattan, collection « Ouverture philosophique », Paris, 2007 [abréviation : ET&T]
Question n° 1. Introduction, Chapitre 1, I & II. [ET&T, pp. 7-32] [Que les hommes doivent être gouvernés ne relève pas de l’évidence. D’aucuns défendent l’idée d’une socialité spontanée. La tradition politique, en revanche, postule que la société exige une ‘direction’ des hommes. Fonder, organiser et diriger la cité, tel est l’objet de ‘l’art politique’.]
Question n° 2. Chapitre 1. [ET&T, pp. 21-78] [La politique suppose une forme de gouvernement. Les hommes peuvent être gouvernés de diverses manières. Il existe de bons et de mauvais gouvernements.]
Question n° 3. Chapitre 1, I & II. [ET&T, pp. 21-49] [Les Romains ont inventé le droit, les Grecs ont inventé la politique. Quatre auteurs peuvent être retenus comme fondateurs de la tradition politique occidentale : Platon, Aristote, Augustin et Thomas d’Aquin.]
Question n° 4. Chapitre 1. [ET&T, pp. 26-78] [L’idée d’une pluralité des régimes politiques possibles est typique de la tradition occidentale. De là découle la question du choix d’un régime politique.]
Question n° 5. Chapitre 1, III, § 3 ; IV, § 1. [ET&T, pp. 43-60] [Mais la plupart des auteurs anciens s’accordent à admettre que la monarchie est incontestablement le meilleur des régimes politiques (Thomas d’Aquin), car le gouvernement d’un monarque sur les hommes est à l’image du règne universel de Dieu. (Dieu règne sur le cosmos, et les rois sur la terre.)]
Question n° 6. Chapitre 1, III, § 2 ; IV, §§ 2 & 3.[ET&T, pp. 38-43 ; 64-72] [D’autres pensent cependant qu’il faut donner le pouvoir au peuple. Cela se traduit, au plan historique, par diverses formes politiques.]
Question n° 7. Chapitre 1, IV, §§ 3 & 4. [ET&T, pp. 64-78] [La tradition a distingué entre bons et mauvais régimes politiques. Le mauvais régime politique est aujourd’hui appelé ‘autoritaire’ ou ‘totalitaire’. Les manuels de droit constitutionnel de nos illustres prédécesseurs ont pourtant parfois appelé ‘démocraties populaires’ de féroces dictatures.]
Question n° 8. Chapitre 1, IV, § 4. [ET&T, pp. 72-78] [La notion de dictature désigne à la fois un régime politique et une technique constitutionnelle. Dans ce dernier sens, l’Etat moderne demeure toujours une dictature potentielle (Constitution de 1958, article 16).]
Question n° 9. Chapitre 2, I. [ET&T, pp. 79-94] [Diverses théories existent quant à la nature de l’Etat. Certaines analysent l’Etat comme une réalité sociale, caractérisée par une certaine concentration du pouvoir, d’autres considèrent l’Etat comme un concept politique et juridique, caractérisé par une définition.]
Question n° 10. Chapitre 2, I, § 2. [ET&T, pp. 85-90] [La théorie politique classique fait de la souveraineté la caractéristique essentielle de l’Etat. Si la souveraineté implique des effets juridiques indiscutables, par exemple en matière diplomatique, le caractère effectif de la souveraineté dans les relations internationales reste discutable.]
Question n° 11. Chapitre 2, I, § 2. [ET&T, pp. 85-94] [Au XIXe siècle, les juristes commencent à formuler des définitions particulières de l’Etat, si bien que cohabitent aujourd’hui différentes définitions du concept d’Etat, juridiques, politiques, sociologiques ou économiques.]
Question n° 12. Chapitre 2, II, §§ 1 & 2. [ET&T, pp. 94-106] [Pour ceux qui considèrent que l’Etat est d’abord un concept et que le concept d’Etat remonte à la Renaissance, la monarchie absolue correspond à l’avènement de l’Etat moderne. La théorie absolutiste de l’Etat est alors la formulation correspondant à l’émergence d’une nouvelle structure sociale.]
Question n° 13. Chapitre 2, II, § 2. [ET&T, pp. 106-114] [L’Etat libéral représente une mutation décisive du concept d’Etat. Désormais, l’Etat se caractérise par une sphère d’action définie de façon étroite, distincte de l’économie, de la religion ou de la science notamment. Face à cette situation certains préconisent une « ré-étatisation » de la société. ]
Question n° 14. Chapitre 3. [ET&T, pp. 145-196] [La théorie contemporaine de la constitution, à travers l’idée du choix d’un régime politique, l’idée d’une soumission de l’Etat au droit, etc., procède de la théorie politique classique. En ce sens, la théorie constitutionnelle moderne est un recyclage de la tradition politique occidentale.]
Question n° 15. Chapitre 3, I, § 2 ; II. [ET&T, pp. 151-196] [Le concept originel de constitution n’est pas seulement juridique, mais aussi politique et même anthropologique. Au XIXe siècle, on observe une différenciation de la notion juridique de constitution, qui s’explique par la spécificité de la fonction juridique de la constitution.]